Cela fait maintenant 2 ans que l'on entend une chanson de U2, Instant Karma. Elle est sympa hein? En fait, elle n'est pas de U2, mais de John Lennon. Et elle est beaucoup mieux quand elle est chantée par ce scarabée... Tonton Dédé lève le voile sur ce tube, en fustigeant la vanité de la bande à Bono.
L'artiste
John Lennon est né en 1940 à Liverpool. Son père est rarement à la maison, sa mère absente jusqu'à son adolescence. Elle réapparait d'un coup, mais mourra l'année des 18 ans de John, renversée par la voiture d'un policier ivre. Lennon ne s'en remettra jamais et lui témoigne son amour dans des chansons comme Julia et Mother.
Il se passionne pour la littérature et invente des chansons dès son plus jeune âge. C'est à 17 ans qu'il rencontre un certain Paul McCartney, et c'est ainsi que les Beatles naissent, on connait la suite légendaire...
A la séparation du groupe en 1968, Lennon ne se consacre plus qu'à la musique, mais sa carrière solo n'en reste pas moins exemplaire avec ses 10 albums en 12 ans. Il explore tous les courants, il a sa période hippie, sa période rocker, sa période pacifiste, etc. Sa vision du monde, bien que critiquée à l'époque, son ouverture d'esprit et son insistance sur les questions de paix et d'amour ont contribué à faire de lui une icône populaire, bien avant sa mort.
Il est finalement assassiné en 1980 par un déséquilibré dans la rue devant le studio où il enregistrait à New York. La tragédie a un retentissement énorme et le monde entier redécouvre Imagine, son tube de 1975, qui deviendra son manifeste. De toute manière, il n'aurait pas connu ce monde meilleur qu'il chantait...
Le morceau
Ce n'est pas forcément la chanson la plus connue de Lennon, mais c'est ça aussi Tonton Dédé. Alors, pourquoi l'ai-je choisie? Parce qu'il y a des choses à dire dessus, et surtout parce que je l'aime. Vous avez remarqué cette batterie syncopée? Ça donne la pêche hein?
John Lennon: Instant Karma![Instant Karma!]
Tout d'abord, il faut le savoir, c'est George Harrison (ex-Beatles pour les incultes) qui joue la guitare, donnant au titre une sonorité proche des tubes des "Fab Four". Ensuite, fait exceptionnel, elle a été enregistrée le jour même de sa composition et vendue 10 jours plus tard, en faisant l'une des chansons sorties le plus rapidement, le tout sous la houlette du géant Phil Spector qui produisait déjà l'album Let it be en 1970.
Ce morceau, "écrit au petit déjeuner, enregistré au déjeuner et publié au dîner" (selon les mots de Lennon) a la particularité de ne pas porter (trop) de messages. Titre instantané et âme indienne, rien qui ne dénonce la guerre et l'inégalité, n'est-ce pas? Et pourtant le titre atteint la 3ème place dans les charts américains et la 5ème au Royaume-Uni. Comme quoi, le génie de cet archange de la paix dans le monde est immense, sans frontière et irrésistible.
Les reprises
Alors, évidemment il y a la reprise par U2. Les radios françaises la diffusent à outrance depuis 2 ans, à en devenir fous. Et pourtant cette version n'a rien d'extraordinaire, bien au contraire. La batterie est molle et Bono laisse traîner sa voix sans conviction, au contraire de celle de Lennon qui brille (référence au sous-titre de la chanson: We all shine
on), littéralement. Même quand ils chantent avec Patti Smith ce n'est pas convaincant... (Mauvaise qualité de la vidéo, je sais)Bon, on ne va pas non plus les couler définitivement, après tout ce titre a été enregistré pour la bonne cause: le Darfour...
Et puis, heureusement, il y a la version de Midnight Oil qui a joué le morceau
face aux bâtiments d'Exxon Mobile en 1990, toute en simplicité. Par contre on perd la force de la batterie...
Bien entendu je ne parle pas de la version de Tokio Hotel entourée de flammes mégalomanes...
Sans trop se donner de mal, on peut encore trouver une tripotée de versions différentes sur le
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en ce moment ça bouge dans le monde de l'éducation. Comme toujours, on nous a promis un monde meilleur, parfait, on nous (enfin à 53% des français en tous cas) a vendu du rêve en 2007, promettant qu'ensemble tout devenait éventuellement pas tout à fait impossible à réaliser. La crise (aaaaaah chut ! ta gueule ! taboo !) est depuis passée par là, on va voir s'Il (notez la majuscule) arrive tout de même enfin à faire un copier-coller des Etats-Unis sur la France, tout du moins au niveau éducation. En tous cas, Apple ne va pas se gêner pour lui jeter un coup de main.
La réforme du lycée
C'est passé inaperçu sur SF, mais le ministre de l'éducation nationale (Xavier Darcos) a essayé d'ajouter son grain de sel, comme tous les gouvernements, faisant de son mieux pour se faire remarquer et ne réussissant qu'à s'attirer les foudres des étudiants, grassement financés par des syndicats trop heureux de trouver une nouveau moyen de pression pour faire moins d'heures et avoir plus d'emplois (oui j'abrège et alors ? ).
Ça consistait grosso modo à tout chambouler, mais sans trop boulverser le système, c'est-à-dire changer l'emballage (en gros exit les filières générales, on oriente plus tôt, et on commence l'élitisme dès la première, mais cette fois officiellement), et surtout continuer à financer le paquet fiscal en supprimant quelques milliers de postes à l'éducation nationale, histoire de faire baisser les frais.
Perso je vois pas de quoi ils se plaignent les étudiants, travailler moins pour gagner plus, tout le contraire du CPE (ou CNE au choix), faudrait savoir... Bah ouais, regardez au nord, meilleurs résultats et moins d'heures de cours, ça donne à réfléchir non ? Mais bon, c'est les Terminales qui font la loi, et ils sont jaloux des futurs secondes, la sélection ça commence plus tôt que ce que je pensais...
La réforme des facultés
Là ça devient plus intéressant, l'idée est de financer les facultés grâce à des partenariats avec des entreprises qui orienteraient activement la recherche des pôles universitaires. Ça se passait l'année dernière, certains ont décrit ça comme la catastrophe du siècle, que c'était la fin de l'égalité des chances en France, que les facs perdraient leur autonomie toussa... Mais qui y croit vraiment à l'égalité des chances ? Pas moi en tous cas, ça c'est sûr.
La réforme Le petit plus d'Apple
Non quand même pas ! Sarko et Jobs n'ont pas encore copiné en soirée. Mais Apple en profite pour sortir iTunes U, un réseau de perfusion des cours de vos profs jusque dans vos iPods, de quoi vous faire culpabiliser pendant que vous écoutez de la musique... Un projet qui mérite d'être suivi, les universités de Nice et de Paris Descartes se prêtent à l'expérience et transboursent quelques kiloeuros chez Apple (faute de trouver des entreprises prêtes à investir )
Bon plus sérieusement, toutes ces réformes, plutôt positives ou négatives ? En tous cas mes cours sur mon iPod ça ne serait pas de refus !
Je viens de l'apprendre, Claude Berri est mort. Vous avez remarqué? Tout le monde parle de lui depuis qu'il a été admis à l'hôpital le week-end dernier, mais savez-vous vraiment qui est Claude Berri? Sous-France retrace la carrière d'un monstre sacré du cinéma français.
Claude Berri, de son vrai nom Claude Berel Langmann, est né en 1934. Il est le fils de simples fourreurs parisiens, mais est attiré très tôt par le cinéma. Il décroche son premier rôle à 19 ans dans Le Bon Dieu sans confession, puis jouera dans plusieurs films de Claude Chabrol.
A 29 ans, il passe de l'autre côté de la caméra et réalise plus d'une vingtaine de films. En 1969 il lance un certain Coluche dans la comédie Le Pistonné. Il explose vraiment grâce à Tchao Pantin qui enregistre près de 4 millions d'entrées, avec un Coluche qui décroche le César du Meilleur acteur en 1983. En 1986, il porte Daniel Auteuil aux nues (et au César) avec Jean de Florette et Manon des Sources, réalisant deux fois 7 millions d'entrées. Il ne quitte plus le devant de la scène, et sa dernière réalisation, Ensemble, c'est tout avec Audrey Tautou et Guillaume Canet rencontre un franc succès en 2007.
Lorsqu'il produit, Claude Berri ne fait pas dans la dentelle. Il finance Roman Polanski, Claude Zidi, Alain Chabat, Jean-Jacques Annaud et son nom apparait aux génériques de L'Ours, Astérix et Obélix contre César, Amen. et plus récemment encore de La Graine et le Mulet et Bienvenue Chez les Ch'tis. Vous l'aurez compris, Claude Berri se trompe rarement lorsqu'il choisit un film, si ce n'est avec l'adaptation de San-Antonio qui se fracasse comme une bouse au fond du box-office 2004 malgré un budget de 8 millions d'Euros, soit plus de 5 fois le PIB du Malawi...
Alors évidemment, il n'a pas que des amis, mais ça c'est le monde du cinéma. Dans cette interview par exemple, Gérard Lanvin n'y va pas par quatre chemins pour dire tout ce qu'il pense d'un producteur pas comme les autres...
Il est admis à l'hôpital de la Salpêtrière dans la nuit de samedi à dimanche dernier et décède dans la matinée du lundi des suite d'un accident vasculaire cérébral à l'âge de 74 ans. C''est une perte immense pour le cinéma français, c'est indéniable. Les hommages vont désormais se succéder, y compris de la part de ses détracteurs, parce qu'il faut se faire bien voir à 1 mois de la Cérémonie des Césars...
Ne paniquons pas, le cinéma français devrait encore trouver des crédits, la relève est déjà là en la personne de Thomas Langmann, son fils, que l'on a vu dans Le Boulet et Indigènes et à qui l'on doit déjà les investissements pas trop hasardeux dans Astérix aux Jeux Olympiques et les deux Mesrine...
Claude Berri disait "Quand on a connu la souffrance provoquée par une rupture, on redoute de revivre une rencontre, même si elle se place d'abord sous le signe du bonheur.". Alors, si nous souffrons de sa rupture d'anévrisme, ne redoutons pas de le rencontrer un peu partout, allons découvrir ou redécouvrir ses films!