Comment y échapper?
Tout le monde en parle, depuis le Président de la République jusqu'à Madame Michu, votre concierge. Elle est partout (la concierge aussi, je sais), et pourtant, est-ce que vous savez exactement ce qui se passe? Sous-France vous explique la Crise...
Le mécanisme
Les origines
Au début des années 2000, les banques américaines prêtent de l'argent à des taux très bas, mais variables. En gros, elles ont prêté de l'argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser mais avaient besoin de se loger. Les taux d'intérêts ont augmenté et les banques ont dû exproprier leurs emprunteurs pour récupérer leur argent en vendant leurs habitations. C'est ce que l'on appelle couramment la "
Crise des subprimes".
Manque de pot, entre temps les prix de l'immobilier américain ont chuté de 20% en moyenne et les banques n'ont jamais pu compenser leurs pertes. Le problème concernait donc les banques outre-atlantique. Après tout, elles n'avaient qu'à se débrouiller...
La mondialisation
Seulement voilà, les banques américaines ont réussi le tour de force de vendre les dettes de leurs clients à d'autres banques ou fonds d'investissements. En clair, les banques et investisseurs du monde entier donnaient de l'argent aux emprunteurs américains. Argent qu'ils n'ont jamais revu...
Les banques ne peuvent plus prêter et les investisseurs ne peuvent plus investir. En très peu de temps, ces dettes font le tour du monde, chacun essayant de s'en débarrasser tout en tentant de faire des bénéfices.
L'implosion
Les marchés mondiaux n'ont plus d'argent et plus personne ne veut en donner. Les banques subissent de plein fouet leurs négligences et voient leurs actions s'effondrer en Bourse. Mais les actionnaires ne s'arrêtent pas là et préfèrent vendre ce qu'ils possèdent en Bourse avant que tout ne baisse. Et donc ... tout baisse...
Les banques déjà fragilisées voient leur capitaux fondre, ainsi que les compagnies d'assurance, les constructeurs automobiles, etc. Moralité,
plus la crise s'accentue et plus elle s'accentue. Aussi simple que cela...
Les tentatives de sauvetage
On entend beaucoup parler des grandes manœuvres tentées par les Etats afin d'enrayer la crise. Sont-elles efficaces?
Les nationalisations
Lorsqu'une banque menace de faire faillite, l'Etat concerné s'empresse de racheter une partie de son capital, devenant ainsi actionnaire et propriétaire. C'est ainsi qu'en
Islande l'Etat a dû sauver (à grand peine) ses banques. Au
Royaume Uni, ce sont 8 banques qui ont été nationalisées au début du mois.
Les Etats dits "capitalistes" n'échappent donc pas à la règle et doivent intervenir massivement dans la vie économique. Les Etats Unis ne s'étaient jamais impliqués autant depuis le
krack de 1929...
Les "plans"
Pour faire bonne figure en ces temps difficiles, chaque pays se doit d'avoir un "plan". Le fameux
Plan Paulson prévoit par exemple un financement du milieu bancaire à hauteur de 700 milliards de dollars (soit une fois et demi leur budget à la Défense). L'
Europe, sous l'impulsion de son président temporaire
Sarkozy se dote de plans semblables. 360 milliards en
France, 480 en
Allemagne, etc.
Ces plans ne sont en fait que de gros porte-monnaie mis à la disposition des établissements bancaires dans le besoin. Mais d'où vient cet argent? Il s'agit en réalité de prêts que les banques devront rembourser (avec intérêts) aux Etats. Encore faut-il qu'elles puissent le faire...
Les conséquences
Plein de bonne volonté de la part des gouvernements, et à chaque nouveau "plan" les Bourses mondiales s'envolent. On pourrait donc croire que la confiance revient. Mais ce n'est que temporaire à chaque fois, puisque ceux qui ont acheté préfèrent vendre dès qu'ils réalisent un petit bénéfice, plutôt que de tout perdre. Et du coup les Bourses décrochent dès qu'elles ont trop monté.
On pourrait donc parler de naïveté de la part des gouvernements qui injectent de l'argent qui disparait. Reste à savoir où part cet argent. La piste des paradis fiscaux étant la plus réaliste, l'Allemagne et la France demandent la chasse aux banques hors-la-loi. Bon courage...
Toujours est-il que sans une mise à plat du système financier et économique actuel, rien ne pourra changer en mieux. La crise risque donc de continuer à faire parler d'elle...